Fanny Bouquet à propos des Rencontres Internationales du Festival TransAmériques à Montréal Un laboratoire où « faire groupe »

Discussion avec la militante bolivienne Maria Galindo du collectif Mujeres Creando au QG du festival, autour de son film «Revolución Puta» (Photo: Fanny Bouquet)

Un festival peut être bien plus qu’un lieu où on présente des oeuvres artistiques. Dans le meilleur des cas, il crée des espaces de rencontres, d’échanges et de réflexions sur des questions de société. Le Festival TransAmériques de Montréal associe le théâtre contemporain, la danse et la performance à une ambition ouvertement internationale et décoloniale. Fin mai, la traductrice et chargée de projets culturels Fanny Bouquet a été invitée au FTA dans le cadre des Rencontres Internationales 2026. Elle a eu l’occasion de s’immerger dans la vie du festival, et d’en explorer ses nombreuses facettes. Un témoignage personnel sur les rencontres, l’extractivisme et la quête collective de sens.

 

 

(par Fanny Bouquet)

 

« Vous allez à quel étage ?
–    Au deuxième, mais je ne sais pas où appuyer, il n’y a pas de bouton…
–    Mais il n’y a pas de deuxième étage ici, il y a la mezzanine puis on passe directement au quatrième. »
La tête embrumée par de longues heures de vol, je dois avoir l’air un peu plus paniquée que de raison au regard de la situation.
« Laissez-moi voir… Ah mais non, vous allez au douzième ! C’est la chambre 1203, pas 203 : c’est un 1 ça, pas une barre oblique ! Vous êtes nouvelle ici on dirait, bienvenue à Montréal ! »

«Il n’y a pas de deuxième étage ici… » – ascenseur à Montreal (Photo: Fanny Bouquet)

Début juin, j’ai mis les pieds pour la première fois dans cette ville où j’espérais tant me rendre un jour. J’avais une curiosité personnelle pour la création québécoise, en me doutant que je n’en saisissais pas les tenants et aboutissants. Et pour qu’un voyage à Montréal me déplace vraiment, pas seulement d’un point A à un point B, il me fallait attendre le bon moment. Quand j’ai appris l’existence des Rencontres internationales du Festival TransAmériques par le biais d’anciennes participantes, j’y ai vu la meilleure des occasions. Ce séminaire pour jeunes professionnel·les entre 25 et 35 ans réunit chaque année des créateurices et des critiques des arts de la scène, offrant l’opportunité, durant huit jours, de prendre part au festival, en assistant aux spectacles et en suivant un programme de rencontres et d’activités.

En 2026, j’ai eu la chance de faire partie de la cohorte des Rencontres internationales de la 20e édition du festival et de bénéficier d’un soutien financier de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, me permettant de profiter de cette expérience dans des conditions optimales. De retour chez moi depuis quelques jours, laissant se déposer mes impressions, je peux d’ores et déjà tirer quelques fils de ce séjour qui a tenu toutes ses promesses, de découvertes, d’amitiés et de questionnements.

Martine Dennewald et Jessie Mill, les directrices artistiques du Festival TransAmériques (photo : Maryse Boyce)

Né à Montréal en 1985 sous le nom de Festival de Théâtre des Amériques, le festival se donne dès ses débuts la mission de favoriser les échanges internationaux, jouant un rôle de tremplin pour la création contemporaine québécoise tout en tâchant de prêter attention à d’autres espaces de création, au Nord et au Sud du continent. En 2007, il devient le Festival TransAmériques, accueillant dès lors du théâtre, de la danse et de la performance. Depuis 2021, Jessie Mill, co-directrice artistique, Martine Dennewald, co-directrice artistique et co-directrice générale, et Sandra O’Connor, co-directrice générale, tentent d’embrasser les nombreuses questions que soulève aujourd’hui le nom même du festival : héritières de ce nom continental « TransAmériques », elles en utilisent volontiers d’autres, moins coloniaux, tels que l’Île de la Tortue ou encore Abya Yala.

L’édition 2026 proposait 25 spectacles provenant de divers horizons, Québec, Canada, Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, États-Unis, Guadeloupe, Haïti, Mexique. Mais les co-directrices ne se satisfont pas des notions de pays ou d’État-nation qui ne sauraient rendre justice à celleux qui s’appliquent à déjouer les frontières, au sein de leur programmation faisant la part belle aux syncrétismes et aux convergences des luttes pour le droit à la vie et au territoire. À cet égard, il convient de rappeler que le FTA s’inscrit sur un territoire autochtone qui n’a jamais été cédé par voie de traité.

La Cathédrale Marie-Reine-du-Monde au milieu des gratte-ciel du centre-ville de Montréal (Photo : Fanny Bouquet)

Ce séjour m’aura assurément permis de prendre conscience de mon ignorance quant à l’histoire des premiers peuples et aux enjeux liés aux territoires autochtones, me donnant l’envie de creuser ces sujets qui continuent de travailler la société canadienne. Quelques heures après avoir atterri, je me suis rendue au Quartier Général du festival, dans les locaux de l’Université du Québec à Montréal, lieu de convivialité et centre névralgique des festivités. En chemin, j’ai vu des églises encastrées entre d’énormes buildings, une bouche de métro Guimard, de gigantesques édifices m’évoquant la Cité universitaire à Paris. Quelque peu désorientée, il m’a semblé que j’étais incapable de lire la ville, au point que je me suis demandé si j’allais bien réussir à rencontrer quiconque dans cet état de confusion.

Je me suis refait le film du début de l’année 2026, marquée par tant de guerres, de génocides, de ravages écologiques, de technologies prédatrices, me remémorant les premières semaines de janvier pendant lesquelles ont circulé les vidéos de l’enlèvement du président vénézuélien et celles des meurtres commis par les agents de l’ICE, alors que les États-Unis s’apprêtent à célébrer le 250e anniversaire de la signature de leur Déclaration d’indépendance. C’est donc chargée de ce contexte que j’ai abordé le festival, en m’interrogeant sur ce que ce signifiait « faire festival » pour le FTA en 2026 et sur la raison d’être des Rencontres internationales.

« Récoltes critiques : comment recevoir ? » Première discussion d’un cycle de trois rencontres, animé par les critiques Jeannot Clair et amilton de azevedo (Photo: Fanny Bouquet)

Après avoir fait la connaissance de la cohorte, réunissant cette année 23 personnes originaires de 12 pays, Sénégal, Mali, Iran, Haïti, Espagne, Liban, États-Unis, Japon Chili, France, Belgique et Canada, je suis rentrée dans le vif du sujet en assistant à la première discussion d’un cycle intitulé « Récoltes critiques ». Menée par le traducteur et critique québécois Jeannot Clair et par le critique brésilien amilton de azevedo, cette discussion intitulée « Comment recevoir ? » conviait sur scène plusieurs langues et interrogeait le geste critique. Avant d’inviter le public à l’exercice en petits groupes, Jeannot Clair et amilton de azevedo s’étaient donné pour consigne de raconter leurs expériences vécues, à partir de trois spectacles vus au début du festival. Jeannot Clair a rapporté ne pas s’être préparé autant qu’il l’aurait souhaité en amont d’une représentation, si bien que son interprétation de l’œuvre l’a, dans un premier temps, emmené complètement ailleurs.

Cette histoire a fait écho, car je me sentais mal préparée au FTA : avant mon départ, je n’avais pas réussi à trouver le temps de me renseigner sur l’histoire du festival et son contexte culturel, sur la programmation et sur ce qui nous attendait. En lisant dans notre programme la question « Comment recevoir ? », je pensais assister à un panel sur la question de l’hospitalité, d’un point de vue institutionnel : comment accueillir les équipes artistiques comme il se doit, en termes très concrets, puisque la circulation des œuvres suppose que leurs créateurices aient obtenu les visas nécessaires, mais aussi en termes esthétiques, dans la mesure où cette circulation recoupe de nombreux enjeux, celui de la traduction, du bagage culturel, social et politique que charrient les œuvres, des traditions dans lesquelles elles s’inscrivent. Dès lors, comment s’assurer que la rencontre entre l’œuvre et le public ait lieu ? Faut-il seulement s’en assurer, et le peut-on vraiment ? Je me suis vite aperçue du malentendu, heureuse de découvrir une invitation à nous situer en tant que spectateurices, laissant de la place à la diversité de nos expériences.

«Éveil du corps» avec la chorégraphe Alexandra «Spicy» Landé (Photo: Adil Boukind)

Nouvelle festivalière du FTA, je me suis sentie bien reçue, justement, dans l’état qui était le mien, avec tout ce qui nous traverse parfois et qu’on ne parvient pas toujours à laisser sur le seuil de la porte, influant nécessairement sur notre écoute et notre regard. J’ai été particulièrement intéressée par ce double mouvement de réflexion, individuel et collectif, auquel le FTA promettait de se livrer à travers les « Terrains de Jeux » coordonnés par Florence Bisson. Ces événements gratuits, librement accessibles au Quartier Général, mettaient en lumière la fabrique du festival, en se penchant sur la régie ou encore sur les surtitres, offraient des prolongements aux spectacles et permettaient de rentrer dans la pratique de certain·es artistes par un « éveil du corps ».

Lecture collective du texte d’Olivier Marbeuf, «La nuit juste avant le feu», en français et en créole au Quartier Général du festival (Photo: Fanny Bouquet)

Si un festival de l’ampleur du FTA, où se croisent artistes, diffuseurs et programmateurices du monde entier, joue nécessairement un rôle de prescription par les choix qu’il opère, j’ai été sensible au fait que les équipes s’appliquent à ne jamais nous imposer de grilles de lectures mais plutôt à nous outiller face aux spectacles et aux questions qu’ils soulèvent. Le FTA a même édité un jeu de cartes, le « Charlablabla », précieux outil de médiation pour réfléchir autrement à ce que nous voyons, on y trouve par exemple les consignes suivantes : « Cherche et trouve : les rapports de pouvoir », « En coulisse : imaginez ce qui s’y trouve, ce qui s’y passe », ou encore « Dédiez une chanson à cette pièce ». Ce souci de permettre à chaque spectateurice de cheminer à sa manière dans la programmation anime les équipes qui coordonnent la médiation, dont Laeticia Philanthrope et Laura Hajjali, le FTA accueillant en effet de nombreux groupes, scolaires et étudiants, ainsi qu’un groupe de jeunes talents autochtones.

Quant aux Rencontres internationales, elles ont été pensées comme faisant partie intégrante du festival, permettant ainsi à la cohorte de découvrir les rouages de ce rendez-vous annuel. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer les artistes et les équipes du festival, ces échanges contribuant à une forme de décloisonnement ainsi qu’à une réflexion sur la pérennité de l’événement et sur la communauté festivalière. Au regard du contexte écologique, géopolitique et économique, maintenir un festival de cette envergure et le rendre accessible n’a rien d’évident.

Discussions du séminaire accueillies au Goethe Institut, Montréal (Photo: Fanny Bouquet)

Malgré les incertitudes et les disparités en termes de ressources financières, de mobilité internationale et d’accès aux visas entravant la participation de certain·es, le FTA s’emploie avec conviction à rendre ces rencontres internationales possibles. Ces réalités, ainsi qu’une programmation plus résolument tournée vers les enjeux décoloniaux, ont poussé Morena Prats, artiste franco-québécoise et modératrice du séminaire depuis huit ans, à solliciter l’organisation d’un atelier décolonial, assuré cette année par la militante féministe et antiraciste Alexandra Pierre. Le regard artistique et l’accompagnement de Morena Prats ont largement contribué à la qualité de nos échanges : elle nous a permis de poser des bases communes à nos discussions tout en nous laissant nous emparer du cadre en tant que groupe.

La réussite de cette expérience collective tient également au soin apporté à la constitution de la cohorte. Par ailleurs, le séminaire n’est pas une plateforme pour montrer ses créations en cours, cadrage que j’ai trouvé opérant pour nous rendre plus disponibles à l’étonnement et favoriser une dynamique collective. Je tiens à saluer l’inventivité de Tristan Merlet-Caron, stagiaire le temps du séminaire, qui nous a proposé des outils d’archivage ludiques et pertinents pour faire trace collectivement de cette édition à travers des cartes-actions. Ma préférée ? Archiver des détails inutiles, sans aucun doute.

Discussion entre les participant·e·s aux Rencontres Internationales au QG du festival (photo : Adil Boukind)

Enfin pour dire un mot des spectacles que nous avons vus ensemble et dont nous avons discuté, je m’inspire du panel de clôture du FTA, où Jeannot Clair et amilton de azevedo, en compagnie des artistes Maral Farrokh et Katya Montaignac, ont tâché de donner un titre subjectif et personnel à cette 20e édition du festival. Pour ma part, je choisirais « Extractivisme(s) et résistance(s) ».

« Querelle de Roberval » de Kev Lambert, mise en scène d’Olivier Arteau (Photo : Stéphane Bourgeois)

La question de l’extractivisme, de l’exploitation des ressources naturelles et d’une approche prédatrice du territoire traversait plusieurs spectacles, dont Mystic Metallic de N. Zoey Gauld, Audrée Juteau et Catherine Lavoie-Marcus, dénonçant l’industrie minière à Rouyn-Noranda, par un travail chorégraphique sur la vibration, évoquant les ravages sur les corps, sur fond d’extraits sonores de la chanson Glencorruption du groupe de métal Guhn Twei. L’un des « Terrains de Jeux » a ainsi donné la parole aux militant·es qui se battent contre l’industrie minière dans la région de Rouyn, Rodrigue Turgeon, Simon Turcotte, Jennifer Ricard Turcotte et Marie-Hélène Massy Edmond. Le conflit social était également au cœur de l’adaptation du roman de Kev Lambert, dépeignant une grève dans une scierie, Querelle de Roberval, porté à la scène par Olivier Arteau qui a fait le choix de donner une place importante à la question des langues autochtones. Le metteur en scène mexicain Anacarsis Ramos jouait quant à lui sur les codes du théâtre documentaire et de la parodie, et avec les affects du public, en invitant sa mère Josefina sur scène dans Mi Madre Y El Dinero, pour mieux mettre au jour les logiques systémiques d’oppression et de domination.

« Mystic Metallic » de N. Zoey Gauld, Audrée Juteau et Catherine Lavoie-Marcus (Photo : Guillaume Vallée)

Je retiens enfin la notion d’extractivisme pour m’interroger sur ce que font les artistes des récits qui leur sont confiés et sur les défis que cela représente de travailler avec le réel. La militante bolivienne Maria Galindo, qui a enflammé le QG du festival par sa présence combattive, a souligné que son film projeté en amont de la rencontre, Revolución Puta, qui met en scène des travailleuses du sexe, n’était pas le fruit d’un travail ponctuel « pour se donner bonne conscience » mais le résultat d’un engagement de chaque instant, sur le temps long, auprès des communautés à La Paz.

« Bolt » de Jeannette Kotowitch (Photo : Luciana Freire D’Anunciação)

Cela fait à mes yeux le trait d’union vers des formes de résistances que le festival nous a données à voir. Avec Bolt, Jeannette Kotowitch mêlait recherche chorégraphique, méthodologie autochtone et improvisations. Ce geste d’affirmation de soi, on le retrouve aussi chez Dana Michel qui a investi la piscine de l’UQAM avec sa performance You Cannot Can. Pendant une heure, le public installé autour du bassin, voit l’artiste se préparer à rentrer dans l’eau. Peu à son aise dans la mer bien qu’originaire des Caraïbes, la performeuse pointe ici les réalités sociales de l’accès à l’eau. S’il y avait beaucoup à voir lors de cette performance, notamment la finesse du mouvement traduisant une quasi-impossibilité de sauter à l’eau, elle me laissait aussi de la place en tant que spectatrice pour participer à l’élaboration du sens. Elle m’a évoqué l’ouvrage Non-noyées. Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines d’Alexis Pauline Gumbs (trad. par Mabeuko Oberty, Myriam Rabah-Konaté et Rose B.) et j’ai cru voir dans cette piscine un symbole de la traite transatlantique dont les répercussions perdurent encore.

«You Cannot Can» de Dana Michel (Photo: bozzo_courtesy of Kinosaki International Arts Center _ Toyooka City)

Dans un spectacle présenté gratuitement sur un terrain de basketball, Jeremy Nedd a revisité les danses en ligne sur fond de hits des années 70 et 80, avant d’inviter le public à rentrer la danse, avec humour et sans jamais verser du côté d’une nostalgie mortifère. Si la générosité et le plaisir de bouger transparaissent également dans le spectacle 2par2, la chorégraphe Alexandra ‘Spicey’ Landé y creuse aussi les frictions au sein des dynamiques relationnelles, avec dix interprètes dansant en duo, contrainte qu’elle a pensée comme une modalité de rencontre propice aux surprises. Quelques minutes après le début du spectacle, iels enfilent des vêtements amples, achetés en friperie puis retravaillés, tombés du plafond à travers un cadre doré surplombant la scène, avant de prendre longuement la pose, face public, sans bouger, quand la musique entraînante crée l’attente d’un mouvement. Revendiquant la culture hip hop, la chorégraphe offre une forme festive soulevant aussi des interrogations sur l’institutionnalisation des danses urbaines.

Bord de scène avec la chorégraphe Alexandra ‘Spicey’ Landé et les interprètes du spectacle 2par2, à l’Espace Go (Photo: Fanny Bouquet)

À travers cette sélection, il m’a semblé que les spectacles ne cédaient pas à la tentation de tout expliquer, de livrer le sens en kit, avec mode d’emploi transcodé dans toutes les langues. La programmation m’incitait plutôt à une écoute patiente et active, sans jamais me laisser de côté pour autant.

Je reviens de Montréal avec la ferme conviction que je suis loin d’avoir compris tout ce que j’ai vu et que je n’ai pas fini d’en épuiser le sens. Je peux dire que les Rencontres internationales ont bel et bien eu lieu, ayant traversé cette édition entourée de présences amicales et inventives, je peux dire aussi qu’il me semble parfois désirable que le sens d’une œuvre nous résiste et qu’il faut sans doute accepter que notre expérience de spectateurice soit parfois frustrante, incomplète ou insuffisante.

La cohorte 2026 des Rencontres internationales du FTA devant le Quartier Général du festival, photo prise avec un appareil analogique, outil d’archivage collectif proposé par Tristan Merlet-Caron (Photo: Rencontres internationales 2026)

Pour conclure, Morena Prats nous a demandé avec quoi l’on repartait et ce que l’on voulait offrir au groupe. À la deuxième question, l’un·e d’entre nous a répondu si joliment : « mes yeux et mes oreilles ». Quant à moi, je repars avec des clés qui m’ouvrent de nouveaux horizons. Ce ne sont pas les clés de chez moi, ce sont les doubles qu’on laisse aux invité·es pour qu’iels puissent circuler plus librement, passant de mains en mains. Car j’ai bien la sensation d’avoir été invitée, dans une langue qui ressemble un peu à la mienne, dans des questionnements proches des miens et dans d’autres manières de les concevoir, dans des affinités artistiques enfin, si essentielles à la création.

Je ne peux donc que remercier le FTA d’avoir rendu cette édition des Rencontres internationales possible, et à la cohorte 2026, je voudrais dire ceci, si l’on me permet cet emprunt : j’aurai vraiment le goût de vous revoir et de découvrir vos créations.

 


 

La traductrice et chargée de projets culturels Fanny Bouquet (Photo: Pauline Le Goff)

Après une khâgne B/L au lycée Henri IV à Paris, Fanny Bouquet étudie l’histoire et les sciences sociales à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, à la Sorbonne et à l’université Humboldt de Berlin, et la gestion de projets culturels à l’ESCP. Elle travaille depuis 2017 comme traductrice, chargée de recherches et responsable de projets culturels, pour le cinéma documentaire, les arts vivants et les musées. En 2024, elle intègre l’Ecole de Traduction Littéraire à Paris et obtient une bourse d’exploration littéraire Archiplegaos. Elle participe au programme Goldschmidt en 2025 et commence à traduire pour l’édition.

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